Glottopolitiques engagées et solidaires : contextes, idéologies, histoires

Numéro 36 – Numéro coordonné par Emilie Lebreton, Fabienne Leconte et Coraline Pradeau

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Argumentaire

La glottopolitique a été définie comme englobant aussi bien les actions de politique linguistique étatique que “les actes minuscules et familiaux” (Guespin et Marcellesi, 1986 : 15). Pour les initiateurs du concept, les actions glottopolitiques sont mises en place à tous les échelons sociaux, loin de concerner les seules institutions. Ce faisant, les auteurs ont appelé à porter le regard plus largement, au-delà des seules instances de légitimation officielle. Pour ce faire, ils ont relevé deux pôles d’un continuum du plus petit niveau d’organisation sociale au plus grand, en passant par diverses instances situées entre ces deux pôles. L’accent était alors mis sur la communication dans le monde du travail avec un appel à l’autogestion langagière. Dans les années 1980, les recherches portant sur les politiques linguistiques étaient davantage institutionnelles et étatiques, dans la lignée, pour l’espace francophone, des travaux de L.-J. Calvet (1974, 1987). Au gré d’événements historiques reconfigurant les politiques linguistiques et la place réservée aux langues dans des institutions diverses, aux échelles européennes, nationales, régionales ou locales, la focalisation sur la glottopolitique étatique s’est poursuivie dans les travaux scientifiques (Grandguillaume, 1984 ; Beniamino & de Robillard, 1993, 1996 ; Cerquiglini, 1999 ; Blanchet, 2002 ; Beacco & Byram, 2007 ; Woerhling 2013, par exemple). Ces derniers offrent alors une vision centrée sur les aspects institutionnels, notamment à l’Ecole, laissant à la marge des espaces nettement moins investigués où, pourtant, des actions sont mises en oeuvre et se développent en parallèle – voire en réponse – aux actions glottopolitiques étatiques et institutionnelles.

A l’autre pôle du continuum, dès les années quatre-vingt, des recherches ont été menées sur les glottopolitiques familiales et les questions de transmission (Dabène & Billiez, 1984 ; Deprez, 1994 ; Leconte, 1997). Ces problématiques sont toujours en travail, comme le montre l’organisation en 2020 d’un colloque à Corte.

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